Vous avez des enfants ! Et voilà les barbares…

L’un d’eux est un garçon, un peu efféminé… efféminé n’est pas exactement le mot, disons plutôt qu’il cherche sa masculinité pour ne pas dire sa virilité. Alors évidemment vous êtes inquiet. Vous avez peur que les « vrais hommes » s’en prennent à lui, le moquent, le frappent, lui cassent sa sale gueule de tapette en le traitant de gros pédé.

Vous n’avez pas tort d’avoir cette inquiétude, parce que vous l’avez deviné tout seul, être un « vrai homme »  ne va pas non plus sans traîner quelques problèmes.

Vous pensez évidemment que les idiots sont les parents des jeunes « vrais hommes » qui n’ont pas su enseigner les vraies valeurs à leurs morveux et, comme un imbécile, vous culpabilisez d’avoir un enfant qui est la proie des moqueries, vous vous demandez ce que vous auriez dû faire.

Mais auriez vous aimé être le père d’un des moqueurs ? Non plus. Vous pensez même que ça aurait été pire. Vous dites cela pour vous rassurer, mais vous savez que rien n’est pire que d’avoir un enfant moqué, maltraité, frappé parce qu’il n’est pas absolument banal.

Vous n’avez commis qu’une faute, je vous rassure et pas trop difficile à rattraper, vous avez oublié de parler à votre enfant de la barbarie, qui s’écoule plus fluide que l’eau par ces interstices qu’on appelle les différences. Il est temps de lui apprendre à la reconnaître et à la duper.

Les barbares ont à la bouche des mots hors de leur portée comme l’honneur et le respect. Pour les duper votre enfant n’aura que son intime conviction qu’il doit traiter ces êtres là avec le parfait sentiment qu’ils sont ses égaux, en tout point, en n’abaissant ou n’élevant ni eux ni lui mais par le fait de la simple évidence, et nos anciens ont inventé un moyen très simple pour cela, la politesse.

La politesse dupe la barbarie qui nous dévore en effaçant les différences, et apaise du coup la barbarie qui anime l’autre.

Vous riez… la politesse ? Quelle pitrerie, vous dîtes vous !

Vous préférez dire, « je te respecte alors respecte moi ! », mais permettez-moi de vous rappeler ceci : quand on respecte par convention alors ce que l’on respecte est figé par l’entropie des lâchetés, on ne respecte plus rien sans menace (on ne respecte les institutions que par crainte de l’anarchie ; on ne respecte la hiérarchie que  parce qu’elle peut nous virer ; on respecte le parrain mafieux parce que l’on craint les représailles, et l’on oublie de respecter ce qui est respectable, comme un certain point de vue des institutions, de la hiérarchie, et rien du parrain mafieux. Et ce pernicieux respect aide à nous figer dans la barbarie. L’homme vivant se doit de gagner l’estime des autres vivants qui respecterons alors sa mémoire, voilà tout).

Je suis génétiquement barbare, je suis poli par choix !

Quand les « barbares » verront que votre enfant les considère comme ses égaux, ils le reconnaîtrons comme s’approchant au plus près de la liberté et ils protègeront alors sa différence.

Votre barbare d’enfant et ceux qui l’entourent seront enfin des hommes véritables.

Donsoir !

* Une précision, je ne considère pas les malades de la castagne du plus faible comme des barbares mais comme des psycho ou sociopathes à soigner d’urgence.



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